| | Les origines
On ne sait pas précisément à quelle époque remonte le peuplement du vallon du Soultzbach. Il est établi qu’une voie romaine passait autrefois sur le territoire de Soppe-le-Haut, mais les quelques rares vestiges mis à jour jusqu’à présent ne permettent pas de penser que le lieu était habité à cette époque. Les premières mentions écrites du village de Soppe-le-Haut remontent au Moyen Age (Suspa en 1105, Sulcebach en 1185) et indiquent qu’il tire son nom du ruisseau du Soultzbach qui le traverse et va se jeter dans la Largue au niveau de Balschwiller. L’église de "Sulzebach superioris" est quant à elle attestée pour la première fois en 1302 dans un registre des quêtes dues au Saint-Siège. |  |
 | Le Moyen Age Le vallon du Soultzbach faisait partie au Moyen-Age de la Seigneurie de Thann. Soppe-le-Haut était le chef-lieu d’une mairie qui, en plus de Mortzwiller et Soppe-le-Bas, englobait également le bourg disparu de Eichen et le village de Dieffmatten. La population locale vivait en autarcie, grâce aux produits de l’agriculture (céréales, vignes, foin…), de l’élevage (poules, vaches, cochons, poissons…) et du tissage (chanvre, laine). Une famille noble, dénommée von Sultzbach, était établie dans le vallon et y possédait des biens, ainsi qu’à Dieffmatten et Burnhaupt-le-Haut. Le dernier représentant des von Sultzbach est cité en 1545. L’église de Soppe-le-Haut était à la charge du chapitre des moines de l’Oelenberg depuis 1393. Cette abbaye devait ainsi veiller aux dépenses d’entretien de l’église et était responsable de la nomination des prêtres qui desservaient la paroisse. Le village de Mortzwiller, qui n’a jamais possédé ni église ni cimetière, a depuis toujours fait partie intégrante de la paroisse de Soppe-le-Haut. L’église de Soppe-le-Haut fait partie des plus anciens édifices religieux de la vallée de la Doller : la partie inférieure de sa tour date en effet de 1469. |
Les XVIIe et XVIIIe siècles
La Guerre de Trente Ans (1618-1648) a fait des ravages au sein de la population du vallon du Soultzbach. Les passages de troupes successifs n’ont laissé que ruine et désolation. En 1652 on ne dénombre plus que 80 habitants dans la paroisse de Soppe-le-Haut/Mortzwiller. L’église et le presbytère sont laissés à l’abandon pendant plusieurs décennies et il faut attendre les années 1660 pour que le service religieux reprenne régulièrement avec des prêtres résidants sur place. Le XVIIIe siècle est une période d’expansion démographique et économique, grâce à l’arrivée d’immigrants suisses et allemands venus repeupler l’Alsace. Vers 1730 est bâti le presbytère de Soppe-le-Haut, qui abrite de nos jours la mairie du village. En 1766 c’est au tour de l’église d’être agrandie, sous la forme que nous connaissons aujourd’hui. |  |
 | La Révolution Avec la fin des droits féodaux apparaît une nouvelle organisation administrative qui voit la naissance de la commune de Soppe-le-Haut, rattachée au canton de Masevaux, dans le district de Belfort. Le nouveau système politique issu de la Révolution est bien accueilli par la population locale, sauf sur le plan religieux : le prêtre en place dans la paroisse, l’abbé Barthélemy Gross, refuse en effet de signer le serment constitutionnel et est obligé de quitter son poste. La population se scinde dès lors en deux partis opposés qui vont s’affronter pendant plusieurs années en raison de leurs opinions religieuses. Cette querelle conduit au meurtre du curé Gross, pris au piège le 18 août 1800 dans l’incendie criminel de la maison où il disait secrètement la messe. Un monument en sa mémoire a été érigé devant l’entrée de l’église de Soppe-le-Haut en 1890. |
Les débuts de l’industrialisation
Le mode de vie ancestral des habitants du vallon du Soultzbach commence à évoluer au début du XIXe siècle avec l’apparition des premières usines de tissage mécanique, notamment celle de Mortzwiller qui ouvre ses portes en 1820. Les ouvriers forment ainsi une nouvelle classe sociale, distincte des paysans traditionnels, mais ils n’en continuent pas moins à mener un petit train de culture en plus de leur journée de labeur à l’usine. L’essor industriel entraîne également une forte expansion démographique : les pics de population dans les villages du vallon sont en effet atteints autour des années 1850 (716 habitants à Soppe-le-Haut). |
 | Au temps du Reichsland Après la défaite de la France contre l’Allemagne en 1871, l’Alsace est rattachée à l’Empire allemand. Le vallon du Soultzbach se trouve de ce fait sur la nouvelle ligne de frontière entre les deux pays ; de nombreuses pierres bornes sont établies dans la forêt qui sépare les deux Soppe et Mortzwiller des villages francophones du canton de Rougemont. Un poste de douane est également édifié entre Soppe et Lachapelle. Parmi les hommes politiques de l’époque se distingue un prêtre natif de Soppe-le-Haut : il s’agit de l’abbé Landolin Winterer, député protestataire au Reichstag, grand défenseur de la cause des alsaciens-lorrains. Curé doyen de la paroisse de Mulhouse St-Etienne, il a laissé près de 200 écrits touchant à l’histoire de l’Alsace, à la religion et à la politique, avant de décéder en 1911. Cette période voit également la construction du bâtiment de l’école communale de Soppe-le-Haut (1879), qui au départ servait également de lieu de réunion du conseil municipal. |
D’une guerre à l’autre
Après plus de quarante années d’appartenance à l’Empire allemand, Soppe-le-Haut est occupé par l’armée française dès les premiers jours de 1914. Le village restera en territoire reconquis tout au long du conflit. La proximité du front, qui se situe alors entre Pont d’Aspach et Burnhaupt, occasionne certains dégâts, mais dans l’ensemble la population n’a pas à souffrir de cette guerre. L'entre-deux-guerres voit l'électrification du village, un progrès considérable qui annonce les nombreuses mutations du XXe siècle. Les allemands sont de retour en 1940 et imposent l’idéologie nazie au sein de l’administration et de la population locale. Mortzwiller et Soppe-le-Haut sont ainsi regroupées en une seule commune. Les associations sont interdites et remplacées par l’adhésion obligatoire aux mouvements propres au régime. De nombreuses familles du village subissent le drame de l’incorporation de force. | |
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